Collège des Caillols
 

z2015 - Visite du Camp des Milles

lundi 8 juin 2015, par Mme Rebuffé


Vendredi 22 mai, les élèves de 3°6, 3°5 et 3°DRA, accompagnés de professeurs, sont allés visiter le camp des Milles près d’Aix en Provence. Le mémorial - ancienne tuilerie - se présente sous la forme d’un grand bâtiment en briques rouges jouxtant le village des Milles, entouré d’un vaste terrain et proche des voies de chemin de fer... Un endroit stratégique comme on le verra plus tard. Le mémorial se divise en 3 parties : - la première partie nous rappelle le contexte historique.
En effet, le camp des Milles a accueilli de 1939 à 1940 des opposants au régime d’Hitler (allemands et autrichiens) qui ont fui la montée du nazisme mais qui sont considérés comme des ennemis dès lors que la France et l’Allemagne sont en guerre. A partir de 1940 jusqu’en 1942, les opposants au régime de Vichy - dits les « indésirables » - pour l’essentiel des juifs, y sont internés dans des conditions très précaires. La Troisième période débute en 1942, suite à la conférence de Wansee qui met en place la « solution finale ». Dès lors, le site des Milles, isolé, offrant beaucoup d’espace et des rails de chemin de fer à proximité, a servi à l’emprisonnement de nombreuses personnes - enfants, femmes et hommes - avant la déportation en wagons à bestiaux vers des camps d’extermination comme à Auschwitz. - La 2ème partie est le volet « mémorial » : il nous décrit la vie au camp et de nombreux témoignages retrouvés ; en particulier, des œuvres d’art car de nombreux artistes y ont été enfermés comme Max Ernst. Ces artistes ont ressenti le besoin de survivre grâce aux œuvres d’art : « créer pour résister et ne pas subir la déshumanisation ». Les lieux que nous visitons sont sombres, comme à l’époque. Au rez-de-chaussée, près des anciens fours pour cuire les briques, les hommes « chanceux » pouvaient dormir sur des lits de briques et une fine paillasse, à l’abri des courants d’air. Au 1er étage, le reste des hommes dormaient à même le sol, très poussiéreux. Au 2ème étage, dormaient les femmes et les enfants. Une fenêtre était ouverte pour aérer mais elle donnait sur les voies de chemin de fer : ainsi, les femmes assistaient aux départs réguliers des trains vers les camps de la Mort. De nombreuses femmes avaient compris quelle était la destination finale et ont parfois pris la décision de mettre fin à leurs jours. En voyant ces salles, nous comprenons que les conditions d’internement étaient très dures. La nourriture était insuffisante. Les maladies omniprésentes, comme le scorbut, la diphtérie, étaient courantes. - La 3ème partie du mémorial est une réflexion qui porte sur les étapes aboutissant à un génocide comme celui de la Shoah de 1939 à 1945, le génocide Arménien en 1915 et le génocide des Tutsis en 1994. La visite est très dense et les commentaires sont parfois durs. Des rappels de notre actualité sont faits par le guide. Les élèves ont parfois du mal à entendre ces propos car ils se sentent éloignés de ces faits. Cependant, un petit groupe d’élèves en compagnie de 3 professeurs sont aussi allés voir l’exposition sur le génocide des Tutsis en 1994. Ils ont bien compris que des faits similaires se répètent dans le temps selon les même processus. Nous devons rester vigilants. A la fin de la visite, nous voyons un mur avec des noms : les « Justes », c’est-à-dire des personnes qui ont agi justement pour sauver des vies au péril de leur propre vie et de celle de leur famille. Nous venions de lire un message sur un autre mur : « Ne rien faire , c’est laisser faire »… La visite aura fait réfléchir une bonne partie des élèves même si la sensibilité de certains a été heurtée. Une graine est semée et c’est l’essentiel.


 


Témoignages d’élèves après la visite du camp des Milles : "Je n’ai qu’un mot à dire : choquant !" "Touchant !" "Je ne peux rien écrire car mes mots ne seront pas à la hauteur de ce que ces gens ont souffert." "Les gens qui étaient enfermés au camp de Milles étaient tous serrés, sans coussin, sans couverture, dans la poussière." "Ce qui m’écœure aussi c’est que dans le camp , c’est la loi du plus fort qui régnait pour avoir un peu plus de confort, de nourriture." "C’est touchant de voir les conditions de vie des prisonniers. Nous, nous plaignons pour un rien et eux ils voyaient la mort de près tous les jours." "J’ai ressenti de la compassion envers les prisonniers et une grande colère contre les nazis." "Durant la visite, j’ai ressenti une grande émotion : j’ai été choqué. Les prisonniers ne vivaient pas mais survivaient, dans la souffrance." "Cette sortie m’a fait ressentir une grande émotion. Je ne pensais pas qu’on pouvait faire tant de mal à des enfants. Je ne veux pas que ça se reproduise." "Lors de cette visite, j’ai pu comprendre plus précisément les conditions de vie des prisonniers , très difficiles voire inhumaines." "J’ai trouvé les commentaires très rudes. Les Tutsis, par exemple, ont été touchés physiquement mais aussi moralement. A cette époque, mes parents étaient vivants. Cela ne date pas de très longtemps et cela peut se reproduire." "Cette visite a été touchante car maintenant , on sait les conditions de vie de ces prisonniers. J’ai lu des témoignages très émouvants. Certaines personnes sont encore vivantes et peuvent raconter ce qu’ils ont vu et vécu."

Portfolio

  • Le camp des Milles.
  • Une oeuvre d'art.
  • Le 1er étage.
  • Vue sur la voie de chemin de fer.
  • le mur des " Justes."
  • 3 étapes du racisme au génocide.
 
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